lundi 11 juin 2012

Production de biocarburants : des investissements financiers mais également des avancées


Dans une optique de développement durable et de diversification des sources d'énergies, les biocarburants ont connu un développement important aux Etats-Unis ces dernières années. Pour être viables comparativement au pétrole, ces derniers doivent présenter plusieurs caractéristiques : apporter un bénéfice environnemental tel que la réduction de l'émission des gaz à effet de serre, être rentable économiquement, et pouvoir être produit en grande quantité sans réduire les ressources liées au secteur alimentaire.

La production de biocarburants aux Etats-Unis est à son plus haut niveau (4,310 quadrillion Btu en 2010, soit +38% par rapport à 2005). Celle-ci s'est accompagnée d'une diminution des importations de pétrole (-12% depuis 2005), d'une augmentation de la production de gaz naturel (+26% depuis 2005), d'énergies renouvelables (+29% depuis 2005) et d'énergie nucléaire (qui reste plus limitée à +3% depuis 2005) [1]. Selon les chiffres de l'Agence de l'information énergétique américaine, en 2010, les Etats-Unis devaient importer 49% du pétrole nécessaire pour subvenir à la consommation nationale, alors que ce chiffre était de l'ordre de 60% en 2005 [2]. Les estimations envisagent qu'en 2035, les importations ne seront plus que de 36%. Ces données indiquent une tendance à la baisse de la dépendance des Etats-Unis vis-à-vis du pétrole ainsi qu'une diminution de l'utilisation des énergies polluantes au profit des énergies propres. Par ailleurs, selon une étude menée par la société Cardno-Entrix en 2011, l'ensemble de ces changements auraient conduit à la création de plus de 31.000 emplois en 2011 [3].

Les deux principaux objectifs finaux de l'administration américaine à long terme sont de diminuer la dépendance vis à vis du pétrole importé et d'élever les Etats-Unis au rang de leader dans le domaine des énergies propres.

Ainsi, on peut citer jusqu'à 22 programmes mis en place par l'administration américaine pour soutenir le développement des biocarburants depuis près de 3 décennies. Il n'est pas inutile de rappeler quelques-uns des principaux programmes et initiatives mis en place par les départements (notamment ceux de l'énergie et de l'agriculture) et les agences fédérales [4] :
=> Le Renewable Fuel Standard établi par l'Agence de Protection de l'Environnement (EPA) et qui définit les objectifs en terme de production de biocarburants ;
=> Des crédits d'impôts instaurés par le service des impôts (Internal revenue Service) tel que le crédit d'impôt pour les producteurs de biodiesel, expiré au 31 décembre 2011, d'un montant de 1 dollar pour 3,7 litres de biodiesel produits ;
=> Les projets pilotés par le Département américain de l'Agriculture (USDA) tels que le Programme bioénergie pour les biocarburants dits "avancés" d'un montant de 65 millions de dollars, le Programme de recherche et développement sur la biomasse d'un montant de 40 millions de dollars annuels, ou encore une des dernières mesures mises en place pour subventionner à hauteur de 4,2 millions de dollars l'installation de 266 pompes à essence mélangeant éthanol et essence dans 30 états différents [5] ;
=> Les subventions du Département américain de l'Energie (DOE) telles que celle attribuée pour la construction de "bioraffineries" d'un montant de près de 200 millions de dollars annuels, le programme Biomasse de recherche et développement dotée d'une enveloppe de 175 millions de dollars pour les années 2011 et 2012. ;
=> L'agence douanière (U.S. Customs and Border Protection) qui régule les importations d'éthanol ;
=> Le Département américain des transports (DOT) qui envisage, d'ici 2019, le développement et la construction de véhicules fonctionnant au biocarburant.

Dans le cadre de ces programmes, de nombreux projets concernant les biocarburants sont en cours. En voici quelques exemples phares qui illustrent les grandes tendances dans les secteurs et thèmes suivants - aéronautique, transformations des déchets, production d'huile, alimentation animale et électrocarburant.

Le succès d'un vol long-courrier alimenté par du biocarburant

Avec une consommation en 2010 de plus de 47 milliards de litres de kérosène et 830 millions de litres d'essence dans l'aviation [6], ce secteur représente un potentiel important dans le développement et la mise en place de biocarburants. Après un vol effectué avec un biocarburant à base de caméline en 2009 comme nous l'indiquions dans un précédent communiqué [7], le 17 avril 2012, la société Boeing a réalisé le premier vol transpacifique d'un avion Boeing 787 avec du biocarburant produit principalement à base d'huile de cuisson usagée [8]. L'usage de ce biocarburant émettrait 30% de CO2 et 10% de gaz à effet de serre de moins qu'un carburant classique.

Réutiliser les déchets pour en faire de l'énergie

Un effort important est mené également dans le développement de biocarburant à base de déchets d'origine naturelle et en principe non-réutilisables après un premier usage. Ruihong Zhang, professeur de biologie et d'agriculture à l'université de Californie-Davis, travaille depuis 2006 à la mise au point d'un système de digestion anaérobie qui convertit des déchets solides ou liquides (déchets alimentaires ou de jardins, résidus végétaux, papier ou carton) en énergies renouvelables, compost, eau et engrais naturels. Ce système repose sur l'action de bactéries dont les métabolismes sont modifiés pour dégrader divers types de déchets [9]. Une installation de ce procédé est opérationnelle à Sacramento pour la société American River Packaging (ARP) et un second devrait être construit en juin 2012, toujours à Sacramento. Ce système permet de convertir 7,5 tonnes de déchets alimentaires et une demi-tonne de matériau ondulé non-recyclable, de type carton, par jour. Cette conversion permet de produire 1300 kWh par jour ce qui représente 37% des besoins énergétiques journaliers de la société ARP. Ce projet a également permis la création de 22 emplois.

Transformer la biomasse en biocarburant liquide, un procédé compétitif face au pétrole

Le procédé nommé H2Bioil-B a été développé en 2010 à l'université de Purdue par l'équipe de Navneet R. Singh de l'Ecole de Chimie [10]. Ce procédé se déroule en deux étapes : une déshydratation de la biomasse suivie d'une gazéification. Selon les données, 32 à 42% de la biomasse serait gazéifiée pour donner un syngas qui permettra l'hydropyrolyse et l'hydrodéoxygénation de la fraction restante de biomasse afin de produire du biocarburant. Ce mois-ci, une nouvelle étude, publiée dans le journal Biomass Conversion and Biorefinery, démontre que si le prix du baril de pétrole tombe entre 99 et 116 dollars, alors ce procédé pourrait être compétitif [11].

Modifier les protéines végétales pour augmenter la production d'huile

Joseph Noel, directeur du Centre de biologie chimique et protéomique de l'Institut Salk, et Eve Syrkin Wurtele, professeur de génétique et de développement cellulaire et biologique à l'Institut de Recherche des Plantes à l'université de l'Iowa, ont identifié trois protéines capables d'influencer le type et la quantité d'acides gras produits dans les plantes [12]. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Nature le 13 mai dernier. L'espèce "modèle" utilisée lors des recherches est l'arabette des dames (Arabidopsis thaliana) qui possède des gènes produisant les protéines FAP1, FAP2 et FAP3, lesquelles permettraient la liaison entre les différents acides gras. Ces protéines se situent dans les chloroplastes des cellules, sites de production des acides gras et de la réalisation de la photosynthèse. Selon les chercheurs, ces protéines influenceraient la quantité d'acides gras présente dans la plante. Une compréhension plus fine du métabolisme lié à ces protéines permettrait d'augmenter la quantité et le type d'huile synthétisée dans les plantes, au niveau des feuilles et des graines, et par la suite d'accroître la production de biocarburant par les plantes dédiées.

Valoriser les coproduits de la production de biocarburant de première génération pour l'alimentation animale

Jim MacDonald, nutritionniste pour l'alimentation animale bovine à AgriLife Research, et Mike Brown, professeur de gestion et de nutrition des ruminants à l'université ouest de Texas A&M, ont étudié la possibilité d'utiliser la glycérine, produite lors de la transformation du maïs et du soja en biocarburant, pour enrichir l'alimentation du bétail [13]. L'enrichissement ne peut cependant pas dépasser les 7,5% de l'alimentation totale, et la glycérine doit respecter certains critères de composition (0,5% de méthanol, 3-3,5% de sel et moins de 1% de matières grasses) afin de conserver une alimentation équilibrée sur le plan nutritionnel. Après deux ans de recherches financées par le Département Agricole du Texas et par le Département américain des Transports, et quatre études menées sur des troupeaux de boeufs, le projet démontre la faisabilité de coupler la production de biocarburant et l'alimentation animale.

Après le biocarburant, l'électrocarburant

Les biocarburants produits à partir d'algues ou de biomasse nécessitent un processus de photosynthèse, ce qui peut présenter certains inconvénients en terme d'occupation et d'utilisation des sols relativement importants. En 2010, le DOE a subventionné, à hauteur de 3,4 millions de dollars, l'équipe du biologiste Steve Singer, du Laboratoire National Lawrence Berkeley, afin de mener une étude de production de biocarburant à partir de la bactérie Ralstonia Eutropha [14]. Cette bactérie utilise l'hydrogène comme source d'énergie pour convertir le dioxyde de carbone en composés organiques. Le processus de fabrication du biocarburant va consister à introduire dans un réacteur bio-électrochimique (c'est-à-dire un réacteur équipé d'électrodes) la bactérie, du CO2 et de l'eau. De l'électricité, provenant d'une source d'énergie renouvelable telle que l'énergie solaire, va permettre la transformation de l'eau, présente dans le réacteur, en hydrogène et en oxygène. La bactérie va ensuite utiliser l'hydrogène pour séparer l'atome de carbone de la molécule de CO2 et le convertir en hydrocarbure, qui va ensuite migrer vers la surface de l'eau. Ce biocarburant pourra être utilisé dans les voitures ou les avions. L'utilisation de l'électricité et du CO2, sans réaction de photosynthèse, a donné le nom d'électrocarburant. Les essais se poursuivent en laboratoire afin d'optimiser le processus de production, et notamment des travaux de recherche pour rendre la bactérie "autosuffisante" afin que le processus ne nécessite que du CO2, de l'électricité et de l'eau.

Au total, on dénombre 13 projets sur les électrocarburants financés par le DOE dans leur programme Advanced Research Projects Agency-Energy (ARPA-E) [15].

Les projets novateurs dans le domaine des biocarburants commencent à porter leurs fruits, et de nouveaux projets se mettent en place afin d'optimiser leur production et atteindre les 158 milliards de litres de biocarburants à produire en 2022, comme fixé dans le Renewable Fuel Standard 2 [16].
- [1] Annual Energy Review - U.S. Energy Information Administration - 19/11/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/WInx5
- [2] Where Has Energy Independence Gone? - Mai 2012 -http://redirectix.bulletins-electroniques.com/HoncC
- [3] After record year, biodiesel industry rallying support for tax credit extension - Jason Plautz - 7/12/2011 -http://www.governorsbiofuelscoalition.org/?p=843
- [4] Biofuels Incentives: A Summary of Federal Programs - Brent D. Yacobucci - 11/01/2012 - http://www.fas.org/sgp/crs/misc/R40110.pdf
- [5] USDA Helps Install Ethanol Blender Pumps - Ann Marie Edwards - 17/12/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/MxZ4x
- [6] Fuel Consumption by Mode of Transportation in Physical Units - Research and Innovative Technology Administration - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/20Hlg
- [7] La promotion de la cameline comme source de biocarburant : l'USDA s'engage pour établir une filière intégrée - 16/12/2011 -http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/68576.htm
- [8] Boeing, ANA celebrate first787 biofuel flight - 17/04/2012 -http://boeing.mediaroom.com/index.php?s=43&item=2220
- [9] Researcher's waste-to-energy technology moves from the lab to the marketplace - 19/04/2012 -http://www.news.ucdavis.edu/search/news_detail.lasso?id=10202
- [10] Researchers Estimate "Sun-to-Fuel" Fuel Yields from Different Biomass-based Processes, Propose New Process to Deliver Higher Yield - 14/06/2010 -http://redirectix.bulletins-electroniques.com/wtXAc
- [11] Purdue analysis finds H2Bioil biofuel could be cost-competitive when crude is between $99-$116/barrel - 05/06/2012 -http://www.greencarcongress.com/2012/06/h2bioil-20120605.html
- [12] Discovery of plant proteins may boost agricultural yields and biofuel production - Andy Hoang - 13/05/2012 -http://www.eurekalert.org/pub_releases/2012-05/si-dop051112.php
- [13] Feed and Fuel - Erin Voegele - 01/05/2012 -http://biodieselmagazine.com/articles/8463/feed-and-fuel
- [14] From Soil Microbe to Super-Efficient Biofuel Factory? - Dan Krotz - 03/05/2012 - http://newscenter.lbl.gov/feature-stories/2012/05/03/electrofuel/
- [15] Lawrence Berkeley National Laboratory: Turning bacteria into biofuel - DOE - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/naT1W
- [16] Renewable Fuel Standard (RFS) - EPA - 26/03/2012 -http://www.epa.gov/otaq/fuels/renewablefuels/index.htm
Origine : BE Etats-Unis numéro 293 (8/06/2012) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70225.htm

vendredi 8 juin 2012

Big Data peut avoir un impact important pour l’industrie de la santé


Ginger.io est une plateforme de santé qui collecte les données à partir du téléphone mobile du patient. Fournisseurs et chercheurs espèrent ainsi améliorer la prise de décisions médicales et la recherche.
Comme c’est le cas pour de nombreuses industries, celle de la Santé a recours au « data tracking » pour récolter une masse critique de données. Les patients étant toujours équipés d’un smartphone, la collecte de données avec des appareils mobiles augmente les perspectives possibles pour Big Data.Ginger.io  exploite ainsi la pénétration des appareils mobiles dans le but d’aider les professionnels de la santé à conduire leurs recherches, repérer de nouveaux motifs et prendre des décisions médicales informées. L'application mobile de Ginger.io collecte des informations « passives » à travers le capteur du téléphone et d'autres « actives » avec la contribution du patient. Elle se connecte à un tableau de bord sur le web, destiné à l’utilisation des fournisseurs et chercheurs qui peuvent ensuite manipuler ces données.
Des données pour la recherche et le « microtargeting »...
Les fournisseurs peuvent facilement inciter leurs patients à utiliser l’application et identifier les individus à haut risque sans avoir à faire appel à d'autres appareils. Les patients ont un meilleur contrôle de leurs données en utilisant leur téléphone mobile et peuvent partager plus facilement leurs symptômes et d'autres informations avec le médecin. Le système encourage un engagement mutuel dans lequel le patient peut envoyer des alertes à son équipe médicale mais aussi recevoir les résultats d'une intervention par mail, téléphone ou texto. Quant aux chercheurs, Ginger.io a récemment lancé un projet avec le Collaborative Chronic Care Network (C3N) pour tester un nouveau modèle de soins chroniques. Les Smartphones seront utilisés pour enregistrer les expériences de jeunes patients atteints de la maladie de Crohn, et utiliser ces données afin de créer un outil pouvant aider les patients à détecter les symptômes et à éviter la douleur.
Eviter les erreurs médicales et réduire les dépenses en santé
Les carnets de santé électroniques et des données approfondies sur le patient pourraient profondément modifier l'industrie des soins de santé. Permettre aux hôpitaux d'accompagner et d'éduquer les patients est l'objectif de Ginger.io, ce qui pourrait contribuer à réduire les complications et de diminuer les coûts des soins de santé. En outre, si les patients à risque peuvent être mieux suivis, même à domicile, on assistera à une amélioration de l'efficacité et à une diminution du coût des erreurs médicales.  « Les réponses aux enquêtes et les mesures prises occasionnellement ne donnent pas une image complète » a déclaré le professeur Alex Pentland, co-fondateur et conseiller de Ginger.io et professeur au MIT Media Lab. Ces réponses peuvent être erronées ou incomplètes, et des décisions de recherche équivalentes à 1 million de dollars peuvent être prises, au contraire, sur des données plus complètes.
Source : L'Atelier
Innhotep

jeudi 7 juin 2012

Rendement global de 70% pour la production de carburants liquides à partir d'hydrogène et de dioxyde de carbone


L'électrolyse à haute température (HTE) est un procédé produisant de l'hydrogène par dissociation de l'eau (vapeur). La combinaison de l'hydrogène avec du dioxyde de carbone (CO2) permet la production d'hydrocarbures, lesquels peuvent alors être transformés en carburants liquides. Le 30 mai 2012, une équipe du Centre de recherche de Jülich (FZJ - Rhénanie du Nord-Westphalie) a débuté un projet dénommé SunFire visant à optimiser cette chaîne de procédés.

"En travaillant à des températures supérieures à 800°C et en récupérant la chaleur dégagée, l'ensemble du processus parvient à un rendement de 70%. Les produits finaux sont des carburants liquides pouvant être facilement stockés et transportés en vue d'être utilisés, tout en étant compatibles avec les infrastructures et les systèmes de motorisation déjà existants. Un exemple d'application concerne les carburants pour l'aéronautique", explique Harald Bolt, membre du directoire du Centre de recherche de Jülich.

Les chercheurs de Jülich concentreront leurs activités sur le développement de cellules d'électrolyse à oxyde solide (SOEC) jusqu'au stade de prototype. Afin d'adapter le prototype à l'échelle industrielle, les modules seront testés sur une installation expérimentale conçue par l'entreprise Sunfire GmbH [1]. Enfin, un bilan écologique pour la production de carburant doit être dressé afin de confronter ce processus à des méthodes alternatives.

Le projet SunFire est financé à hauteur de 587.000 euros dans le cadre de l'initiative KMU Innovativ [2] du Ministère fédéral de l'enseignement et de la recherche (BMBF)
ORIGINE : BE Allemagne numéro 574 (6/06/2012) - Ambassade de France en Allemagne / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70221.htm

mercredi 6 juin 2012

Social media is reinventing how business is done


When Red Robin Gourmet Burgers introduced its new Tavern Double burger line last month, the company had to get everything right. So it turned to social media.
The 460-restaurant chain used an internal social network that resembles Facebook to teach its managers everything from the recipes to the best, fastest way to make them. Instead of mailing out spiral-bound books, getting feedback during executives' sporadic store visits and taking six months to act on advice from the trenches, the network's freewheeling discussion and video produced results in days. Red Robin is already kitchen-testing recipe tweaks based on customer feedback — and the four new sandwiches just hit the table April 30.
Facebook's initial public offering Friday — the largest by a technology company — is a watershed moment for the consumer side of the Web, but social networking's real economic impact might be ahead as companies learn how to harness "social business" tools.
Beyond advertising on Facebook or Twitter, companies are using social networks to build teams that solve problems faster, share information better among their employees and partners, bring customer ideas for new product designs to market earlier, and redesign all kinds of corporate software in Facebook's easy-to-learn style.
"At a very basic level, Facebook is the most popular application ever, with a billion people who know how to use it," said Marc Benioff, chief executive of salesforce.com, whose Chatter social-networking tools are used by 150,000 companies. "The ability to access information is much better because it's easier to get to it."

After a slow start, Big Business is embracing social media in a big way. Forrester Research says the sales of software to run corporate social networks will grow 61% a year and be a $6.4 billion business by 2016.
Two-thirds of big companies surveyed now use Web 2.0 tools such as social networks or blogs, with use of internal social networks up 50% since 2008, according to a survey by McKinsey & Co. Nearly 90% said they have reaped at least one measurable business benefit, though most say the improvements have been modest.
Heavy use of social tools has a statistically significant correlation to profitability, said Michael Chui, senior fellow at the McKinsey Global Institute. But it's early: Only about 3% of respondents used social business tools for all three major uses — reaching customers, connecting employees and coordinating with suppliers, McKinsey said.
The Social Web seems to be doing a different job in Corporate America than the first-generation Web. In the late 1990s, companies such as Wal-Mart used the Internet to streamline supply chains and better manage inventories to hold down prices. Banks used the new technology to cut the cost of processing mortgages by as much as two-thirds, by eliminating clerical workers and substituting e-mail for expensive overnight deliveries. If Web 1.0 automated routine processes and warehouses, Web 2.0 is about organizing design work and creativity, said Andrew McAfee, professor of technology and operations management at Harvard Business School.
"We asked ourselves where would social networking go once everyone had a Facebook account?" said David Sacks, president of San Francisco-based Yammer, whose software runs Red Robin's internal social network. "Big ideas always move from the consumer market into the enterprise market."
"Innovation is a two-way street," said Chris Laping, Red Robin's senior vice president for business transformation. "When people see things, they feel things. And when they feel things, they change."
Making connections
Using social networks to foster connections lets companies match the skills of people working all over the world who wouldn't easily find each other, said Eric Lesser, a research director at IBM's Institute for Business Value. It's especially valuable for companies built by acquisition, whose managers in different divisions often don't know each other, he said.
Take SuperValu, a collection of supermarket chains ranging from Shaw's in Boston to Albertsons in California. SuperValu last year used Yammer to build a network to connect 11,000 executives and store managers, chief information officer Wayne Shurts said. They've organized themselves into more than 1,000 groups to talk about specific challenges.
For example, 182 managers from different chains joined a group to mull common problems of running markets in college towns. Another 153 banded together to talk about running stores in beach communities, where business is seasonal. Those didn't replace any other process, because there was no way to do it before: The managers couldn't all be pulled from their stores for retreats or meetings, and the cost of getting them together would have been prohibitive, Shurts said.
One result: A promotion at college-oriented stores that sold 8,000 $99 mini-refrigerators last fall, each stuffed with $99 worth of coupons to bring the customers back for food. Another discussion led to college-town "beer pong" displays packaging ping-pong balls, red Solo cups and brewskis to fill them up. Both ideas were floated last spring and ready by August, he said.
"You've got to let the conversations happen, even if you might not like all of that conversation," Shurts said. "It's going to happen around the water cooler anyway."
Listening to customers
Companies can also use blogs and social sites to bring customers into their product-design process, said Barton George, director of the Dell computer division that sells to Internet-based companies. Through its IdeaStorm site, Dell has taken in more than 17,000 ideas for new or improved products, and has adopted nearly 500, including backlit keyboards that are better for working on airplanes.
Other times, Dell puts its own ideas on IdeaStorm, in what it calls a Storm Session, to get feedback before going ahead. On May 6, Dell posted a plan on IdeaStorm describing a proposed specialty laptop, upgrading an existing machine to target people who write wireless apps and other Web-based software using a variation of the Linux operating system called Ubuntu, George said.
By Monday, customers had posted 83 ideas for refinements to the machine on IdeaStorm, covering specific software bugs to broader issues such as whether the screen should be shiny or not. In addition, 35,000 people visited George's Web posting about the new laptop — 10 times more than any other posting he's ever made, he said. The laptop is due on the market by year's end. Dell says the process produces more detailed feedback than traditional focus groups, and builds links to an important group of customers.
So far, the social Web hasn't boosted U.S. productivity growth the way the first-generation Internet did in the late 1990s. But economists such as MIT's Erik Brynjolfsson say it takes about five years for a new technology to show its full impact on companies that deploy it. Social networking is about two or three years in at most companies, McAfee said.
Companies are tinkering with the technology and their own business processes, trying to find ways to match them up to get the most impact and learn how to interpret all the unorganized data users disclose about themselves on the sites, Lesser said.
In the meantime, the trend has already generated one IPO for a smaller company, Jive Software, that sells social-networking tools to companies. Jive went public at $12 a share in December and now trades around $19.50, achieving a $1.2 billion market value, though it's not yet profitable.
Facebook hasn't actively pursued the social business market. It let companies such as Yammer and Jive mimic its look and feel, because making Facebook-like features an industry standard helped cement Facebook's leadership in consumer social networks, Yammer's Sacks said.
Social media has the potential to be as important to the broader economy as more obviously business-related information technologies such as mobile phones and cloud computing, said Stacey Bishop, a venture capitalist at Scale Venture Partners, in Foster City, Calif.
"I'd put the cloud first, but they're all important and they're all related," Bishop said. "Mobile is an extension of the cloud, because it lets you get your data wherever you are. And social is the layer on top of that, making it easier to cross-communicate."
Source : USA Today

Une start-up toulousaine veut connecter tous les objets

La carte de couverture du territoire du réseau bas débit de transmission de données de SigFox. DR
La carte de couverture du territoire du réseau bas débit de transmission de données de SigFox. DRLa carte de couverture du territoire du réseau bas débit de transmission de données de SigFox. DR
SigFox déploie un réseau à bas débit pour assurer la gestion à distance d'équipements, comme les panneaux publicitaires déroulants de Clear Channel. Une start-up prometteuse qui surfe sur le potentiel du marché du « machine to machine. »
Encore un nouvel opérateur qui propose des prix cassés ? La start-up toulousaine SigFoxs'amuse à se comparer à Free Mobile, en annonçant un facteur de réduction de prix de 10. Le réseau qu'elle a commencé à déployer n'est pas de la téléphonie mobile, mais sert à connecter des objets : il s'agit d'un réseau bas débit sans fil, dans une bande étroite de fréquence, dans les 868 Mhz, « comme les télecommandes de portail », qui ne nécessite pas de licence ni d'autorisation d'implantation des antennes. SigFox a notamment convaincu l'afficheur Clear Channel France qui cherchait une solution de pilotage à distance de ses panneaux déroulants. En équipant ces derniers d'un petit modem de quelques centimètres carrés qui n'émet qu'en cas d'incident et consomme donc peu d'énergie, il est averti en temps réel et peut intervenir pour replacer une affiche par exemple, évitant aussi des tournées inutiles. Le groupe de communication extérieure cherchait une solution de transmission de données fonctionnant également en sous-sol, dans les parkings et les métros, ce que ne pouvait offrir un opérateur mobile classique.
Moins de 1.000 antennes pour couvrir toute la France
Fondée en 2009 et installée à Labège, près de Toulouse, SigFox a signé « une dizaine de grands comptes » (traitement des déchets, électroménager, sécurité incendie, etc) et espère réaliser 2 millions d'euros de chiffre d'affaires cette année, selon son PDG, Ludovic Le Moan. C'est un serial entrepreneur, qui avait créé Anyware Technologies, déjà dans l'Internet des objets, une société de logiciels de traitement de données Machine-to-Machine (M2M), revendue à Wavecom, puis Goojet, un service d'Internet mobile pour organiser ses contenus, concentré depuis sur le site de curation Scoopit, avant d'arriver fin 2010 chez SigFox, où il a organisé une levée de fonds de 2 millions d'euros auprès d'Elaia Partners, de Partech et d'iXo Private Equity. L'équipe, constituée de 25 personnes aujourd'hui, a développé et breveté une technologie de radio-transmission à bas débit (10 b/s à 1kb/s), à faible puissance d'émission (10 milliwatts, comme une télécommande) mais à grande portée, « du Pic du Midi à Poitiers » (jusqu'à 40 km). SigFox couvre 7 grandes villes avec une centaine d'antennes (des cierges de 2 mètres de haut et 1 cm de diamètre, installés sur les toits) et a l'ambition de couvrir tout le territoire au 31 décembre avec moins de 1.000 antennes (contre 15 à 17.000 à titre de comparaison dans la téléphonie mobile).
« Aucun concurrent dans le monde » 
La société, qui prépare une autre levée de fonds, souhaite déployer aussi à l'international, en Europe dès 2013. « Nous n'avons aucun concurrent opérateur bas débit cellulaire comme nous, la bande étroite a été complètement oubliée » assure Ludovic Le Moan. Aux Etats-Unis, la start-up On-Ramp Wireless « n'est qu'un fournisseur de brique technologique radio » pour les réseaux intelligents, « mais pas un opérateur » observe-t-il. Le potentiel du marché du Machine-to-Machine est important, en particulier dans le domaine des télé-relevés de compteurs d'énergie, d'eau, mais aussi dans la sécurité et dans les applications de « smart city » (contrôle à distance des éclairages publics, panneaux d'information, collecteurs de déchets, etc). Les coûts sont peu élevés, de l'ordre de 2 euros par an par objet connecté, en fonction de la volumétrie, et sont amenés à baisser « à mesure que le réseau sera chargé. » Le PDG de SigFox imagine aussi, dans 2 ou 3 ans, des abonnements annuels pour les particuliers « par exemple à 10 euros par an, pour connecter tous vos objets, du pèse-personne à la boîte aux lettres, du détecteur d'incendie à la plante verte en manque d'eau qui tweete», comme il s'est amusé à en faire la démonstration pendant une conférence de presse mardi. Son business plan prévoit une croissance explosive avec 10 millions d'euros de chiffre d'affaires l'an prochain, 40 millions en 2014 et la rentabilité au quatrième trimestre 2014.
Le marché "MtoM", relais de croissance des opérateurs mobiles 
SigFox estime avoir « deux d'avance » sur ses éventuels concurrents sur le marché du MtoM, qui pourrait atteindre 35 milliards de dollars de chiffre d'affaires dans le monde en 2016 selon ABI Research. Les opérateurs mobiles, qui considèrent le marché « MtoM » comme un important relais de croissance (déjà 3,5 millions de cartes SIM MtoM actives à fin mars en France), ne vont sans doute pas se laisser grignoter le gâteau de l'Internet des objets sans bouger. L'un d'eux pourrait même s'intéresser de près à cette start-up prometteuse et la croquer....
Source : La Tribune

vendredi 1 juin 2012

Apple starts selling the Nest smart thermostat


In a huge win for startup Nest, which makes a connected learning thermostat, Apple has now started selling the Nest thermostat through its online store (hat tipThe Verge). If you recall, Nest founder Tony Fadell was the former chief architect at Apple where he led the development of the iPod and the first three versions of the iPhone. He left Apple three years ago to start Nest.
Not surprisingly Apple and Nest share a similar design sensibility, and the Nest thermostat can also be controlled via an iPhone, iPad, iPod Touch or Mac. When Nest first launched its thermostat, I called it “a thermostat Steve Jobs would love.”
The Nest thermostat (in cooling mode).
Not to be too dramatic, but I think this is the most important move ever for a next-generation digital thermostat. Most consumers don’t care a lick about their thermostat and most thermostats are not ever programmed, which leads to major inefficiencies and wasted home energy. If Nest can make its learning thermostat a cool and coveted item (like the iPhone), it could change consumers’ relationships with thermostats and home energy and could lead to significant reductions in home energy consumption.
If you’ve been following Nest, then you probably know that thermostat giant Honeywell slapped it with a lawsuit earlier this year, alleging patent infringement. Nest responded to the lawsuit by bringing on Apple’s former Chief Intellectual Property Officer Richard “Chip” Lutton as its new vice president and general counsel.
Apple started selling Nest’s thermostat after the lawsuit was filed. The thermostat is also being sold via Best Buy and via Nest’s online store.


Source : GigaOM

La chambre d’hôpital du futur s’invente à Lille


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« Vous reprendrez bien un peu de compote ? ». Face à un hôpital vieillissant et malgré les prouesses réalisées par la recherche médicale, la chambre d’hôpital reste un lieu peu convivial. Depuis septembre dernier, 30 des 150 entreprises membres du « Clubster Santé Nord-Pas-de-Calais » planchent sur le prototype de la chambre d’hôpital du futur. Au menu : de l’innovation au service de la revalidation du patient.
L’objectif du projet ? Se rassembler pour proposer une offre complète aux structures hospitalières et innover collectivement dans un domaine où le respect de certaines règles, d’hygiène notamment, exclut souvent toute originalité. « Avec la loi Hôpital Patient Santé Territoire (promulguée le 29 juillet 2009, ndlr), les entreprises du secteur s’inquiétaient de la massification des achats hospitaliers car pour faire baisser les coûts, les hôpitaux achètent certains équipements en commun », explique Perrine Lespagnol, déléguée générale du Clubster Santé. Les jeunes pousses nordiques ont donc décidé de prendre le taureau par les cornes pour imaginer une chambre d’hôpital innovante sur tous les plans. Le tout en collaboration avec le CHRU de Lille, afin de s’assurer que la démarche soit en accord avec les besoins des patients et soignants.
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Principe fondamental ? Aider le patient à se revalider
Le fil rouge de ce projet ? Adapter les équipements pour permettre au maximum la revitalisation du patient. « Un patient immobilisé dans son lit ne fait qu’accroître son mauvais état, il lui faut donc un espace conçu pour qu’il puisse se mettre progressivement en position assise, recevoir des gens, manger avec eux », expose Luc de Saint-Louvent, dirigeant de Burie, l’une des sociétés participantes, spécialisée en agencement de mobilier. C’est dans cet esprit qu’ont été imaginés les quatre équipements principaux, au premier titre desquels, le fauteuil-lit. Au creux de ce cocon, le patient peut s’asseoir le jour en position repos, ce qui l’incite à se lever régulièrement. A la nuit tombée, le fauteuil peut basculer pour se transformer en lit. Une fois le fauteuil clipsé à la tête de lit, les barrières de sécurité sortent automatiquement. Autre moyen pour le patient de faire de l’exercice ? « La mise en place d’interfaces de communication pour rendre la chambre innovante et intelligente », annonce Perrine Lespagnol. A l’image de ce grand écran multi-fonctions, pilotable à distance grâce aux mouvements du patient. Le fauteuil est lui connecté au smartphone du patient qui peut ainsi le diriger à sa guise. Un second écran, plus petit, est dédié au personnel soignant qui, via un badge électronique, peut accéder directement au dossier médical du patient et réaliser les prescriptions adaptées.
corps-chambre-hopital-futur-npdc2-120420Des matériaux respectueux de la santé du patient et un éclairage économe
A l’entrée de la chambre, la salle de bains dispose de toilettes encastrables et auto-nettoyantes. Malgré sa taille réduite, elle est ouverte sur la chambre via une paroi amovible, ce qui a pour effet d’agrandir visuellement la chambre et d’apporter de la lumière naturelle dans cette pièce habituellement sombre. En amont du projet, le clubster a soumis les premières esquisses et idées aux médecins de l’hôpital de Lille afin d’améliorer certains aspects du projet et de travailler sur les produits incontournables : « nous avons eu une demande spécifique sur l’espace accompagnant », précise la déléguée générale. Résultat ? La chambre s’est agrémentée d’une banquette-lit encastrable dans le mur pour permettre à l’accompagnant de dormir. Afin d’optimiser la gestion de l’éclairage, une réflexion a également été menée autour de la lumière de soin et de confort : « nous avons reproduit une lumière faible qui consomme peu d’énergie, s’adapte à la luminosité ambiante et respecte le cycle circadien dans la chambre ». Enfin, une réflexion a été menée sur les matériaux et leur innocuité : côté mobilier par exemple, l’entreprise Burie a travaillé sur des objets à faible émission de formaldéhyde et des matériaux anti-bactériens, voire photocatalytiques pour le miroir, qui se nettoie quasiment seul en présence de lumière. Les joints et jonctions sur les meubles sont les plus unis possible pour éviter aux particules indésirables de s’y incruster et faciliter ainsi le nettoyage de la chambre.
D’un coût total de 200 000 euros, le prototype sera dévoilé le 22 mai à l’occasion du salon Hôpital Expo à Paris, avant d’être exposé à l’hôpital de Lille. Les structures de santépourront donc au choix piocher les éléments qu’ils souhaitent installer ou acquérir la totalité de cette chambre de 18 m2, intégrable au bâti existant. Un moyen pour les entreprises du Nord-Pas-de-Calais de montrer que l’union fait la force et que le savoir-faire local peut permettre de « lutter contre le mobilier qui arrive de l’étranger de manière catastrophique », conclut pour sa part l’entrepreneur.
Le réseau « Clubster Santé Nord-Pas-de-Calais » a été labellisé grappe d’entreprises en 2010 par la DATAR. Prochains projets dans les tiroirs : une deuxième version du prototype pour le marché des EHPAD et des maisons de retraite et un observatoire de l’emploi et de la formation, pour un secteur qui emploie 24 000 personnes dans la région Nord-Pas-de-Calais.
Le Clubster est membre du réseau « J’Innove en Nord-Pas de Calais », un réseau régional des acteurs de l’innovation et de la valorisation de la recherche en Nord-Pas-de-Calais. Il fédère les pôles de compétitivité et d’excellence, les chambres consulaires, les incubateurs, les pépinières et ruches d’entreprises, l’INPI, les organismes de recherche, les universités, les grandes écoles et les centres de ressources technologiques.
Source : Innov'City