mercredi 13 avril 2011

MY ECOPTZ


Gérer simplement le financement des travaux d'économie d'énergie via une plateforme innovante.
MYecoptz s'inscrit comme le premier module grand public d'un espace de travail collaboratif à destination des acteurs de la rénovation énergétique des bâtiments.
Organisé autour d'une base de données recensant l'ensemble des dispositifs et aides, ce simulateur, qui couvre les aspects techniques, législatifs et financiers des travaux d'économie d'énergie, est un véritable outil d'aide à la réalisation de projets de rénovation.
Contact :
Anthony ROMANO
anthony.romano[@]ecogencia.fr

B2B EN-TRADE

Le troc 2.0 entre professionnels via une plateforme innovante.
La société b2b EN-TRADE est le premier réseau professionnel d'échanges interentreprises de produits et de services : inspiré du troc, le concept est simple et efficace, les sociétés peuvent s'inscrire gratuitement et confidentiellement en renseignant leurs offres avec géo-localisation de celles-ci, et leurs différents besoins.
Dès lors, un système de rapprochement en ligne et un service de courtage vont les orienter vers des Membres susceptibles de réaliser des opérations d'échange…
Contact :
Samuel COHEN
samuel.cohen[@]b2b-en-trade.com

Comprendre d'accident de Fukushima en 3 minutes

Comprendre d'accident de Fukushima en 3 minutes

mardi 12 avril 2011

LE MANAGEMENT DE L'INFORMATION STRATEGIQUE DANS LE SECTEUR DE L'ENERGIE

Innhotep est partenaire de l'événement organisé par AMI Software, éditeur de logiciel de veille et d'intelligence économique :

Inscription

Avec la participation de Docteur Helmut Pitsch de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire

PROGRAMME :


-  Introduction
Rémy Carron, Responsable du secteur Energie - AMI Software

Quels sont les grands enjeux clés et caractéristiques du marché de l'énergie qui rendent la veille indispensable ?
Johann Girard, Directeur - Innhotep

Illustration de cas concrets à partir de la plateforme de veille et d'intelligence stratégique AMI Software.
Rémy Carron, Responsable du secteur Energie - AMI Software


- Gestion des connaissances scientifiques et techniques à l'IRSN : veille et capitalisation.
Helmut Pitsch, Chef de projet - Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire


PUBLIC :
- Direction Stratégie
- Direction Innovation/R&D
- Direction Marketing

LIEU :
Hôtel Raphaël - 17 avenue Kléber - 75016 Paris
Métro 6: Kléber ou RER A : Charles de Gaulle Etoile

Les robots : technologie sociale ?


Que veut dire d’avoir des robots personnels ? Quelles sont les conséquences pour nous, en tant qu’être humain ? Allons-nous tomber amoureux d’eux ?… Retour sur nos relations aux robots à l’occasion de la première édition d’InnoRobo et des conférencesRoboLift qui lui étaient associé.
Dans un article de 2007 qui est resté une référence (Dawn of the Age of Robots – “A l’aube de l’ère des robots”), Bill Gates comparait l’évolution de la robotique à celle des ordinateurs et prédisait qu’un jour nous aurions tous un robot chez nous, comme nous avons tous fini par avoir un ordinateur dans nos maisons. Mais force est de reconnaître qu’ils n’ont pas encore vraiment franchi la porte de nos foyers, estime Cynthia Breazeal du Personal Robots Group du Media Lab du Massachusetts Institute of Technology. Et cela est certainement dû au fait que, contrairement à ce qu’on pense, ils ne sont pas comme les ordinateurs.

L’impact de l’expressivité des robots sur notre perception est primordial

Les robots savent pénétrer notre “cerveau social”, explique la chercheuse lors de sa présentation (.pdf) en faisant référence aux travaux des psychologues Fritz Heider et Marianne Simmel sur la perception de l’animéité, c’est-à-dire, dans le domaine de la cognition, le fait de pouvoir distinguer un être animé d’un être inanimé. Quand on regarde un robot bouger, ses expressions, nous regardons un être plutôt qu’une chose. La manière dont les formes du robot bougent est d’abord ressentie comme des intentions ou des buts, avant que d’être des angles ou des accélérations. Nous interprétons les mouvements du robot en terme psychologique, comme nous interprétons les mouvements d’autres êtres humains. Nous véhiculons nos propres perceptions psychologiques dans ce que l’on regarde et cela affecte notre jugement social, c’est-à-dire que la manière dont nous percevons quelqu’un a une influence sur notre jugement. Et pour Cynthia Breazeal cette perspective ouvre de nouvelles applications pour les robots.
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Image : Cynthia Breazeal sur la scène de RoboLift, photographiée par Pierre Metivier.
Elle évoque alors une expérimentation qui a lieu avec Nexi, un robot humanoïde particulièrement expressif développé au MIT. Souvent, explique Cynthia Breazeal, les patients sont embarrassés par le problème qu’ils viennent évoquer avec un médecin. Parfois ils ne disent pas tout, même quand on le leur demande. Seraient-ils plus enclins à parler à un robot qu’à un infirmier ? Les chercheurs du Personal Robots Group du MIT ont ainsi mis Nexi en contexte. Le robot se présentait à un patient, expliquait son fonctionnement pour faire connaissance. Après avoir discuté un peu, le robot demandait à poser des questions sérieuses d’abord d’ordre général (“quel est votre livre préféré ? Où avez-vous grandi ?”) avant de poser des questions plus personnelles. Les chercheurs ont modifié plusieurs fois son comportement pour mesurer l’impact de celui-ci et comprendre quels sont les facteurs qui influencent l’interlocuteur. Et savoir si les paroles émouvantes, la profondeur des propos, la démultiplication des sourires… avaient un impact sur la perception que les gens avaient du robot. Les utilisateurs étaient amenés à évaluer le robot et leur réponse à été claire : plus le robot a d’expressions et de gestes différents et plus la perception des gens était positive.
En cela, estime Cynthia Breazeal “l’incarnation sociale” permet de développer des interactions qu’on n’aurait pas imaginées. C’est la démonstration qu’a faite Sigurdur Orn Adalgeirsson du même laboratoire avec MeBot, un système permettant de robotiser un iPhone lors d’une téléconférence avec une personne distante, le robot bougeant à l’unisson avec la personne distante, pour renforcer “l’incarnation” (vidéo). Bien évidemment, le dispositif expressif et mobile favorise l’empathie, l’engagement et la collaboration. La mobilité, l’expression corporelle renforcent l’implication de manière significative par rapport à un système de téléprésence fixe et inexpressif.

Vidéo : MeBot, “une plate-forme robotique pour la téléprésence sociale incarnée”.
En suivant cette voie, Cynthia Breazeal imagine bien d’autres applications. Les petits-enfants sont souvent peu à l’aise avec le téléphone et ont du mal à parler avec leurs grands-parents distants, alors que bien souvent ils voudraient pouvoir jouer avec eux. Les grands-parents pourraient-ils être plus présents par l’intermédiaire des robots ? Autre exemple, des chercheurs ont constaté que lors de l’apprentissage linguistique, l’audio ne suffit pas. L’apprentissage linguistique est éminemment social, comme l’expliquait brillamment Patricia Kuhl à TED, montrant notamment que nous avons plus de mal à apprendre une seconde langue après 7 ans qu’avant 7ans. Pour approfondir les questions d’apprentissage de la langue, les chercheurs du MIT ont construit un ourson expressif,Huggable, qui facilite l’apprentissage : car les expressions du visage et du corps aident à comprendre le sens des mots. “Si on s’ouvre à ces possibilités, l’internet va devenir le corps structurant de la robotique pour accueillir de multiples applications que ce soit dans le domaine de la santé, du jeu, de l’apprentissage, de l’interprétariat… Ils ne seront non plus des intermédiaires, mais bien des partenaires.”
Engagement dans la durée selon le dispositif choisitEt Cynthia Breazeal de prendre un autre exemple, celui d’Autom, un robot coach pour aider les gens à perdre du poids. “Que se passe-t-il si on une bonne conscience, un Jiminy Cricket, vous accompagne dans votre régime pour vous aider à prendre les bonnes décisions au bon moment, à la manière d’un entraîneur comportemental ?” Cinq minutes d’interaction quotidiennes avec Autom suffisent à instaurer un dialogue régulier. Le robot pose des questions sur ce que son propriétaire a mangé, sur le sport qu’il a accompli, félicite, encourage ou réprimande… Bref, introduire un dialogue pour modifier le comportement social. Vous aurez peut-être tendance à penser que vous faire féliciter, encourager ou réprimander par un robot n’a aucune incidence… Et bien, plus qu’on ne le pense. Car Cynthia Breazeal est soucieuse de montrer la différence qu’il y a entre les robots et les autres technologies. On a donc fait suivre le même programme à des patients équipés du robot, à d’autres, équipés seulement d’un ordinateur, et à un troisième groupe qui devait écrire ses progrès sur une simple feuille de papier. Les chercheurs ont constaté qu’avec les robots, les gens ont eu tendance à perdre un peu moins de poids, mais que l’engagement était nettement plus fort et plus durable. En lui donnant un nom, en ayant un support pour focaliser leur attention, en lui disant bonjour, au revoir… le robot a facilité l’engagement émotionnel. Tant et si bien qu’il s’apprête à être commercialisé(vidéo promotionnelle).
Le problème demeure que les robots ont du mal à comprendre ce que nous disons en terme réellement humain. Leonardo, le robot expressif le plus avancé démontre la capacité d’un robot à pouvoir capter l’attention, apprendre de nouvelles expressions et surtout montrer ses émotions. Pour Cynthia Breazeal, les robots ne doivent pas nécessairement avoir une forme humanoïde, mais ils doivent nous ressembler : de grands yeux, des poils ou des cheveux (qui évoquent la douceur), une bouche expressive sont des attributs différents. Mais la chercheuse défend plutôt des robots différents. Comme on le constate en observant ses créatures, elle reconnaît s’être beaucoup inspiré de l’animation. Dans l’animation, on peut donner vie à une fleur ou une tache d’encre. L’important est d’imaginer des robots adaptés à la niche psychologique visée, comme Tofu un robot pour les plus jeunes dont le corps est très expressif, comme une marionnette (vidéo) ou Aur, la lampe robotique qui se dirige là où elle doit vous être utile (vidéo).

Vidéo : Aur, la lampe robotique.
La conception permet beaucoup de marche de manoeuvre.
On ne connait pas encore la relation qui lie le robot à l’humain, mais en partant de ce qu’on connait des relations que nous avons avec les humains, les animaux ou la technologie, on peut dire qu’à l’intersection de ces rencontres, il y aura les robots. Cynthia Breazeal ne dit pas que les robots vont remplacer les interactions sociales, mais que cette technologie va venir les compléter.

L’important, c’est l’interaction !

patriziamartiPatrizia Marti est designer et enseigne les interactions homme-machine au département de Design interactif de l’université de Sienne en Italie. Son travail consiste à monter des expérimentations avec des robots dans des environnements naturels, pour mesurer si les robots, à l’image des humains, ont une prédisposition pour s’associer avec ce qui bouge, ce qui vit ou mime la vie… Le domaine d’intervention de Patrizia Marti concerne surtout la robotique éducative et sociale, c’est-à-dire qu’elle s’intéresse avant tout à introduire des robots auprès d’enfants malades ou de personnes âgées – voir sa présentation (.pdf).
Le robot thérapeutique Paro, ce petit phoque en peluche qui réagit au toucher, a été introduit au Japon depuis 7 à 8 ans, essentiellement dans des écoles et des hôpitaux. En les utilisant dans un hôpital italien auprès de patients souffrants d’Alzheimer avancé, l’idée était de regarder si Paro pouvait être une alternative aux traitements médicamenteux, si son utilisation permettait de réduire l’utilisation de médicament en proposant une autre forme de thérapie.
Paro réagit principalement aux caresses. Il sait tourner sa tête vers un bruit et est très expressif, explique Patrizia Marti avant de montrer une vidéo très forte, celle d’un patient âgé qui geint sur son lit d’hôpital, ce qui est une marque d’anxiété chez les malades atteints d’Alzheimer. Un médecin introduit alors Paro. La personne âge lui dit bonjour et le caresse comme l’y invite le médecin. Il parle de l’animal. Le câline. Un moment plus tard, on lui enlève Paro : le patient ayant déjà dit plusieurs fois qu’il allait devoir le quitter. Deux minutes après, le patient geint à nouveau. Patrizia Marti explique que cette personne était très agressive et quand elle ne l’était pas, qu’elle geignait sans arrêt. Le robot ici est le médiateur de la relation humain/humain. Le thérapeute touche le robot, mais également le patient pour l’inviter à toucher le robot ensemble, alors que ce patient a horreur qu’on le touche. Le robot a permis de le calmer. “Les gens n’ont rien à attendre d’un robot, ce qui permet finalement un comportement très relaxant”, estime Patrizia Marti. Dans cet établissement médico-social, il y des temps réservés pour des groupes de discussions spontanées dans une salle commune. Le plus souvent des personnes âgées s’y déplacent, mais elles ne se parlent pas. Elles restent assises à ne rien faire. En introduisant Paro, tout a changé. Les personnes âgées se sont mises à le caresser et il les a aidés à focaliser leur attention. Il permettait d’introduire une discussion, avant de ne devenir qu’une présence rassurante, pendant que les gens évoquaient leurs souvenirs. Le rôle du robot est de faire du lien social, comme un animal de compagnie. Il permet d’engager la conversation…

Vidéo : L’utilisation de Paro face à un malade atteint de la maladie d’Alzheimer.
Patrizia Marti évoque un autre projet de recherche développé pour des enfants handicapés via le projet européen Iromec. Le but du projet était d’utiliser des robots pour amener des enfants handicapés à jouer et développer leur potentiel communicationnel et social. D’où l’idée de développer un robot modulaire pour l’adapter aux différentes formes de handicap comme aux besoins et aux attentes des enfants. L’équipe de chercheur a construit des scénarios de jeux. Pour les enfants autistes par exemple, qui ont du mal à interpréter l’intention de leurs interlocuteurs, l’idée était de développer un jeu leur amenant à comprendre l’intention du robot – qui est bien plus prévisible qu’un être humain.
Les chercheurs ont développé plusieurs jeux assez simples : un jeu où l’on s’envoie le robot et où on doit se le renvoyer, où il faut apprendre à respecter le tour de chacun, un jeu d’imitation où l’on doit faire la même chose que le robot et inversement. Un jeu où l’un doit suivre l’autre et inversement. Un jeu de coordination des mouvements nécessitant de contrôler son corps pour contrôler celui du robot (on tape une fois dans ses mains il va droit, deux fois il va à gauche, etc.). Un jeu de danse où l’enfant doit imiter la danse du robot ou inversement… Ainsi qu’un jeu où il fallait deviner l’état émotionnel du robot et voir si on pouvait y remédier (vidéos 1 et 2).

Vidéo : Quelques-uns des scénarios d’utilisation d’Iromec avec des enfants handicapés.
“Ces exemples montrent qu’il est important de bien concevoir l’activité que l’on veut accomplir avec le robot, l’importance qu’il y a à la tester en environnement naturel”, souligne Patrizia Marti. “Le robot stimule certes l’exploration, mais ils s’adressent aussi ici à des individus vulnérables. L’utiliser comme médiateur entre deux humains est intéressant. Mais enfants comme adultes n’agissent pas de la même manière avec les robots et avec les humains. Nous sommes face à un nouveau genre de technologie qui redéfinit nos catégories cognitives.”

lundi 11 avril 2011

The Seven Deadly Sins That Choke Out Innovation

Even companies serious about innovation can fall victim to their own, well-meaning creative process.
In most companies, there's a profound tension between the right-brainers (for lack of a better term) espousing design, design thinking and user-centered approaches to innovation and the left-brained, more spreadsheet-minded among us. Most C-suites are dominated by the latter, all of whom are big fans of nice neat processes and who pay good money to get them implemented rigorously. So often, the innovation process is treated as a simple, neat little machine. Put in a little cash and install the right process, and six months later, out pops your new game-changing innovation -- just like toast, right from the toaster. But that, of course, is wrong.

Last night, Ryan Jacoby, the heads of IDEO’s New York practice, gave a talk at NYU/Poly with just that tension in mind, titled Leading Innovation: Process Is No Substitute. Jacoby’s point: processes are all well and good, but they don’t guarantee innovation, and in some cases they might even provide a false sense of security. Ryan outlined what he described as the Seven Deadly Sins of innovation, which I’m sure will ring true for most people who’ve worked on such projects. They are:

1: Thinking the answer is in here, rather than out there
“We all get chained to our desks and caught up in email,” he said. “But the last time I looked, no innovation answers were coming over my Blackberry.” You have to get outside of the office, outside of the conference room and be open to innovation answers from unexpected places. Ryan makes himself take a photograph every day on the way to work, as a challenge to remember to look around him.

2: Talking about it rather than building it
This one related to the last. At least here in the U.S., we live in a land of meetings and memos and lots and lots of discussion. Sometimes it’s more than possible that all this talk might prevent us from, well, actually doing anything. He gave a great example of an idea to bring “fun into finance”, and showed a mocked up scenario of a guy buying a pair of sneakers, at which point a virtual avatar danced on his credit card. Practical? Not the point. The unpolished prototype motivated the team and got them thinking differently.

3: Executing when we should be exploring
“This is huge for management types,” he said, going on to warn of the problem of trying to nail down a project way too early in the timeframe. “Who’s exploring? Who’s executing? Where is everyone in process?”

4: Being smart
“If you’re scared to be wrong, you won’t be able to lead innovation or lead the innovation process,” he said. This is huge. Innovation is all about discussing new ideas that currently have no place in the real world. If you’re only comfortable talking about things that *don’t* strike you as alien, chances are you’re not talking about real innovation.

5: Being impatient for the wrong things
Innovation takes time, but too often executives expect unrealistic results at an unrealistic clip. Be explicit about the impact that you expect.

6: Confusing cross-functionality with diverse viewpoints
IDEO is an inter-disciplinary firm, mixing up employees with a whole host of backgrounds. That’s critical to ensuring a better chance at innovation -- and it's far different from teams that simply mix up functions. “Diversity is key for innovation,” said Mr J.

7: Believing process will save you
Here, Ryan showed a great image of vendors touting their wares at the Front End of Innovation conference in Boston. His point: you can’t simply buy your way to a soaring innovation strategy. Some of these products might be useful, sure, but they’re no substitute for real thought leadership. Having an innovation process is fine, but it's not a guarantee of success even if it does produce some tangible product at the end. Or, as he put it, “learn the process, execute the process, and then lead within it.”

SOURCE : fastcodesign.com

La tarification dynamique de l'électricité serait-elle mieux acceptée en Californie si elle reflétait un choix du consommateur ?

Qu'est-ce que la tarification dynamique ?

Le principe de la tarification dynamique est simple et bien rodé en France. Parfois appelé tarification horo-saisonnière, ce modèle introduit par l'opérateur historique EDF s'appuie sur le concept d'heures "pleines" (HP) et d'heures "creuses" (HC). Il s'agit de différencier le prix de l'électricité selon l'heure de la journée afin de refléter les coûts de production de l'électricité, qui sont plus élevés aux heures où une grande partie de la population consomme. Le graphique ci-dessous illustre le phénomène de pic de consommation (en vert) ainsi que la contribution du secteur résidentiel (en rouge) pour la Californie.

EDF propose un tarif "Tempo" qui distingue de surcroît trois jours types dans l'année, ce qui donne 6 tarifs différents puisqu'il y a toujours la distinction HC/HP. Pendant 22 jours dits "rouge" l'électricité est exceptionnellement chère et pendant 43 jours "blanc" elle l'est un peu plus que lors des 300 jours restants ("bleu") où le tarif de référence est appliqué [1]. La télécommunication entre les centres de distribution d'EDF et les compteurs individuels est assurée par des séquences de moins de deux minutes dont le signal porteur est à 175 Hz. Cela nécessite un équipement un peu particulier chez les clients (compteur à deux cadrans dans le cas des tarifs HC/HP par exemple) [2].Enfin, comme les moyens de productions démarrés pendant les pics de consommation sont souvent les plus polluants, la tarification dynamique contribue à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

En théorie, il est donc envisageable de répercuter les variations de coûts de production de l'électricité sur les prix payés par les consommateur au pas horaire, ceci fait d'ailleurs l'objet de démonstrateurs. Cependant en pratique, on se limite pour le moment à des plages de tarifications de plusieurs heures avec typiquement deux niveaux de prix (HC/HP en est un exemple).

Aux Etats-Unis l'insertion d'un tel système de prix fait actuellement débat. Alors que certains fournisseurs d'électricité sont persuadés que la tarification dynamique s'imposera dans le futur, d'autres pensent qu'elle ne pourra être introduite qu'en conjonction avec des compteurs intelligents et le contrôle automatique des appareils électriques [3]. En outre, la communication vers le client est un facteur déterminant lors de la mise en place d'une tarification dynamique. La terminologie utilisée aujourd'hui en anglais pose déjà un problème car elle est complexe; de nombreuses expressions sont employées par les spécialistes et elles reflètent parfois le point de vue du producteur plus que celui du client. Par exemple, le journal "GreenTech Media" propose de remplacer le terme "Demand Response" par l'expression plus parlante d'"Automated Peak Use Reduction" pour exprimer la modulation de consommation lors des pics [4].

En Californie, un état réputé pour tester en avant-première les solutions innovantes, les discussions se centrent aujourd'hui sur le bien-fondé d'appliquer la tarification dynamique comme option "par défaut" pour les clients [5]. Severin Borenstein, directeur à "l'University of California Energy Institute" et co-directeur de l'"Energy Institute à la Haas School of Business" de Berkeley se positionne aujourd'hui contre cette solution, contrairement à ce qu'il annonçait il y a une dizaine d'années. Il propose en alternative un schéma d'adoption volontaire, c'est-à-dire où l'option par défaut reste le tarif constant et où seuls les consommateurs qui en font la demande passent à la tarification dynamique. Le chercheur a présenté son modèle le 17 mars dernier à la conférence annuelle de son institut [6].

Une construction possible des tarifs dans le cas d'adoption volontaire de la tarification dynamique

D'après le professeur, on dénombre six barrières principales à surmonter pour une bonne intégration de la tarification dynamique :
- la mise en place par défaut,
- le traitement des consommateurs qui décident de sortir de cette tarification (seront-ils pénalisés?),
- les factures très élevées pour les clients dont le profil de consommation n'est pas adapté aux tarifs dynamiques,
- la volatilité des factures introduite par la variation de tarif,
- l'impact sur les consommateurs à faibles revenus,
- l'interaction avec la tarification progressive [13] en Californie.

D'ordinaire, pour fixer les prix dans le cas d'une tarification dynamique, on le considère comme option par défaut. Dès lors, le tarif constant facturé aux consommateurs qui quittent ce programme est défini à posteriori et sera pénalisant dans la plupart des cas. Le but de l'étude de Borenstein est au contraire de créer un système où ceux qui décident de ne pas opter pour la tarification dynamique ne seront pas perdant : même si au début le tarif risque d'augmenter un peu, ce ne sera que le reflet de la "prime d'assurance" à payer pour le bénéfice d'un tarif constant.

La construction proposée pour le tarif constant est de prendre la moyenne des tarifs dynamiques pondérée par les profils de charge de ceux qui ne choisissent pas la tarification dynamique. Ceci est illustré à la figure suivante [14].

Ainsi, une fois que ceux qui ont intérêt à opter pour le tarif dynamique l'auront choisi, le tarif constant sera calculé à partir du profil des consommateurs qui restent au tarif constant, donc ceux qui consomment le plus lors du pic de consommation. Le tarif constant devrait donc augmenter naturellement. Cependant à plus long terme, une forte adoption des tarifs dynamiques "aplatira" le pic et le système électrique global sera donc plus efficace et moins coûteux. De ceci devrait résulter une baisse de tous les tarifs et donc du tarif constant.

Le tarif dynamique envisagé comprend une distinction HP/HC avec, pour certains jours de l'année un prix "heures pleines extraordinaire" (HPE) plus élevé que le tarif HP de base. C'est en quelque sorte l'équivalent des jours "rouges" d'EDF.

Pour une meilleure acceptation, il est proposé de fixer au départ le différentiel de prix HC/HP à seulement un tiers du différentiel final à atteindre, puis d'augmenter graduellement pour atteindre l'objectif en trois ans. Le risque de cette solution est de surprendre ou d'ennuyer les clients qui observeront une volatilité croissante de leur facture.

=> L'importance de la facturation

Pour le professeur Borenstein, le système de facturation devrait être grandement amélioré. Chaque facture pourrait par exemple indiquer le prix que le consommateur aurait payé s'il avait l'autre tarification. Les consommateurs ayant opté pour les tarifs dynamiques verraient donc éventuellement l'intérêt qu'ils auraient à revenir au tarif constant. De plus, l'information sur les douze derniers mois devrait être mentionnée afin d'inscrire ce résultat dans le temps et de montrer les variations saisonnières.

Remarquons que ces propositions sont très proches des brefs rapports que l'entreprise "Opower" envoie aux clients des fournisseurs d'énergie qui contractent avec elle [9]. SMUD à Sacramento travaille par exemple avec "Opower" sur un programme pilote sur 35.000 clients [10].

=> Variations saisonnières

Le dernier objectif serait d'informer le consommateur sur la forte différence de prix entre l'été, où la consommation est importante en Californie en raison de la production d'air conditionné, et l'hiver. Actuellement, le système de tarification gomme partiellement cette variation. Le professeur Borenstein propose donc le paiement différé des factures importantes de l'été: ainsi, le client aura conscience des coûts réels grâce au signal-prix mais les variations seront quand même lissées au cours de l'année. Les crédits "revolving" sont par ailleurs fréquents dans les magasins de grande consommation donc bien connus des américains.

=> Résultats d'une modélisation empirique

L'impact de la mise en place du système de tarification décrite ci-dessus a été évalué à partir de données d'environ 1.000 foyers desservis par "Pacific Gas & Electricity" entre 2006 et 2009. Une conclusion en est que la présence des HPE motiverait le plus de clients à opter pour la tarification dynamique car le nombre de gagnants est sensiblement plus élevé que dans un système HP/HC classique. Cependant on observe un nombre plus important de "grands" perdants: 6,7% des consommateurs ayant adopté un tarif dynamique verraient leur facture augmenter de plus de 20%.

Enfin, la tarification dynamique volontaire aurait un impact limité sur le tarif constant, qui augmenterait de moins de 2% (la modélisation sur trois ans ne permet pas d'observer la chute globale des tarifs escomptée).

=> Commentaires d'autres experts

Le format intéressant de la conférence donnait l'opportunité à deux professionnels du même domaine de commenter en profondeur chaque présentation. Ainsi, Stephen Holland de l'"University of North Carolina" a-t-il commenté la présentation de Borenstein. Pour lui, il serait intéressant d'identifier QUI contribue le plus au pic de consommation et POURQUOI. Par ailleurs, le caractère "équitable" du système proposé ne lui semble pas assuré, puisque la volatilité des prix augmente considérablement et une analyse (notamment sociale) du type de client "grand perdant" parmi ceux qui ont optés pour les tarifs dynamiques serait pertinente. En effet, comme l'a souligné Michael Sullivan, même une augmentation de quelques points de la facture d'électricité peut se révéler dramatique chez les foyers à faibles revenus.

Conclusions

L'instauration de tarifs de l'électricité horo-saisonniers coexistants avec des tarifs constants ne semble pas impensable. Après tout, ceci est déjà mis en place pour les opérateur de téléphonie mobile. Alors pourquoi la transition vers les tarifs dynamiques semble difficile aux Etats-Unis alors que ce système est en place en France depuis de nombreuses années?

Risquons nous à expliquer ceci par quelques différences de situation:
- Aux Etats-Unis, l'utilisation de la tarification dynamique est quasi-systématiquement liée à l'installation de compteurs intelligents. Or, plusieurs distributeurs d'électricité rencontrent des problèmes dans le déploiement de ceux-ci [11] car ils sont globalement mal compris et mal acceptés par le public. Les usagers dénoncent notamment l'atteinte à la vie privée que représente un relevé horaire de leur consommation et l'impact négatif des ondes électromagnétiques sur la santé.
- Les américains sont habitués à consommer beaucoup et sans contrainte; ce qui n'est pas une différence culturelle négligeable. Mike Keesee du fournisseur SMUD pense d'ailleurs qu'il faudrait un signal-prix très élevé pour modifier le comportement des américains. Selon lui, seuls des programmes où les fournisseurs d'énergie peuvent contrôler certains appareils électriques directement chez les utilisateurs sont en mesure de faire baisser la consommation aux heures de pointes [12].
- D'après le site internet d'EDF, le tarif HP/HC est notamment intéressant pour les clients équipés de chauffage électrique à accumulation, de machine à laver programmable ou de chauffe-eau électriques. Or ceci représente une bien plus large proportion de la population en France qu'aux Etats-Unis, où les chauffe-eau et les système de chauffage sont traditionnellement au gaz.
- Enfin en Californie, comme mentionné précédemment, il est délicat de combiner la tarification dynamique avec les tarifs progressifs [13] sans complexifier l'information pour le consommateur.

L'avenir dira si les fournisseurs d'électricité parviennent à instaurer une forme de tarification dynamique aux Etats-Unis. Cependant on peut douter de l'ampleur de l'incitation donnée aux sur-consommateurs américains si le tarif constant en compétition avec les tarifs dynamiques est seulement majoré de 2% au tarif constant actuel (comme dans l'étude du Pr. Borenstein).

--

[13] Dans cet Etat, à l'inverse du système communément répandu de prix régressifs, le prix unitaire du kWh augmente avec la consommation [7]. Ceci est rendu possible grâce à la dissociation des revenus des fournisseurs d'électricités de leur volume de ventes (decoupling) [8].

[14] Exemple purement fictif



- [1] Site internet d'EDF avec présentation des différents tarifs -http://redirectix.bulletins-electroniques.com/JQqVQ
- [2] Décodeurs d'impulsions EJP EDF (d'après un article de J.M. Delaplace paru dans Electronique Radio-Plans en 1994), consulté le 5 avr. 2011 -http://matthieu.benoit.free.fr/pulsadis.htm
- [3] Why Consumers Will Love Dynamic Pricing, GreenTech Media, 23 mars 2011 -http://redirectix.bulletins-electroniques.com/OxLC2
- [4] It's Time to Give Dynamic Pricing a New Name, GreenTech Media, 18 jan. 2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/Al6tS
- [5] Will we get Time of Use Pricing?,GreenTech Media, 25 mars 2011 -http://redirectix.bulletins-electroniques.com/h0AuD
http://linky.erdfdistribution.fr/
- [6] Annual Power Conference on Energy Research and Policy, Haas School of Business at UC Berkely, 17 mars 2011 - http://ei.haas.berkeley.edu/power.html
- [7] How Your Electricity Bill is Calculated, California Public Utilities Commission, juil. 2010 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/2jcl3
- [8] California's Decoupling Policy, California Public Utilities Commission, sept. 2009 - http://www.fypower.org/pdf/Decoupling.pdf
- [9] Exemple de bilan mensuel sur la consommation d'électricité, site de Opower -http://www.opower.com/Products/HomeEnergyReport.aspx
- [10] Entretien avec Bruce Ceniceros à Sacramento Municipal Utility District (SMUD), 4 avr. 2011
- [11] PG&E Will Offer Opt-Out for More Money, GreenTech Media, 24 mars 2011 -http://redirectix.bulletins-electroniques.com/50vgT
- [12] Entretien avec Mike Keesee à Sacramento Municipal Utility District (SMUD), 4 avr. 2011



ORIGINE : BE Etats-Unis numéro 243 (8/04/2011) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/66446.htm